jeudi 9 juillet 2009

Questions à 1000 balles...

Au retour de l'Ambassade, j'avais un peu les bouloches. Apparemment on ne peut pas simplement dire "tiens, et si j'allais vivre ailleurs un moment, histoire de prendre l'air...". Non, il faut des papiers, des autorisations, solder les comptes et en renflouer d'autres...
Mais je n'ai pas l'intention de laisser aller les choses de travers, ni de me laisser miner le moral!

Plus la date du départ approche et plus c'est dur.
A vouloir faire les choses correctement, ne froisser personne et arrondir les angles, il y a un truc qui devient carrément oppressant!
Claquer la porte aurait été tellement plus simple, mais j'ai banni cette carte du jeu, la fuite n'est plus une option. Maintenant je règle mes comptes!
Pas question de laisser des histoires pas réglée ici ou d'emporter mes poubelles en voyage. Pas cette fois. Bon ok, ce n'est pas possible de faire table rase, alors mettons qu'une table plane ça pourrait convenir.
Ouverture du dialogue de 8h30 à 11h, comme dans les bureaux!

Je n'arrive pas à me réadapter. J'ai oublié comment on peut vivre comme ça. Comment on peut accepter la fatalité... Comment on fait? Pourquoi on le fait?... Ca m'étouffe le coeur tout ça, le matérialisme... Le berceau de l'Humanisme s'est vidé. Ils ont grandits et sont tous partis. Nous laissant le souvenir de la "Grandeur Passée". Bof-bof, quand tu regardes ce qu'on en fait de l'héritage Historique... Un pays riche en Arts et en Culture? Faut arrêter de se regarder le nombril comme ça, y'a bien longtemps que le libre arbitre s'est pris un coup dans l'aile! Vive télé-foot et la française des jeux! La richesse est retombée de la tête dans le portefeuille, et j'ai un pavé dans le ventre...

C'est tellement bizarre, tellement loin de ce que ça pourrait être. Quotidiennement je me brasse le cerveau à en avoir la nausée. Pourquoi ne pas laisser tomber? Retrouver l'espoir qu'on peut faire des choses bien.
Est-ce que ça s'arrange quand on part? Est-ce qu'on les voit moins ces personnes embourbées dans leur réalité à oeillères? Quand est-ce qu'on va prendre conscience que sur les autres planisphères l'Europe n'est pas au centre?

Oh je sais qu'ailleurs, ce n'est pas différent, mais c'est ailleurs, et peut-être qu'on peut porter un regard différent sur ce qui est autour...
Est-ce qu'on peut écouter ce qui se passe en soi dans un univers qu'on connait? Sans se laisser parasiter par le quotidien? Je n'ai aucune vérité, je cherche seulement à être un peu plus en accord avec ce qui m'entoure. Combien de temps on tient avec ce qui rentre dans un sac à dos? Et quand bien même, j'irais dans le mur, j'irais avec le sourire. Parce qu'ici ça tourne trop..., trop vite..., et pas rond.

J'aimerai juste être à nouveau allongée sous une couverture, et prendre le temps de regarder les étoiles.

Autour de moi il y a plein de fragments éparpillés et je ne sais pas quoi ramasser...
Peu à peu je coupe les liens qui me tiennent ici. Et même si j'ai besoin d'avancer seule, ce n'est pas toujours facile.
Remettre en question tout les principes dans lesquels j'ai toujours vécu, le seul modèle que je connaisse. Remettre en question les fondements auxquels j'avais cessé de penser, les choses étant là, établies, immuables. Mais sont-elles justes, vraies? Est-ce qu'on ne pourrait pas les envisager différemment? Je ne crois pas qu'on applique la meilleurs façon de vivre. Mais quelles seraient les solutions? J'ai besoin de m'éloigner pour réfléchir, ou pas... Peut-être juste m'éloigner pour aller vers des choses plus naturelles... C'est peut-être ça "prendre son temps" : tendre à être en accord avec ce que l'on est profondément, vivre avec et pour ce qui nous entoure...

Je n'ai plus d'énergie à placer dans de mauvaises raisons.
Est-ce qu'il y a quelque chose à trouver? Ou même à chercher? Je n'en sais rien, mais je veux essayer de garder l'esprit ouvert à d'autres idées, d'autres points de vus : ouvert et prêt à se laisser surprendre... permettre l'inattendu... histoire de voir...


J'ai demandé à un ami s'il avait lu "L'écume des jours".
Est-ce que ce ne serait pas ça le nénuphar dont Boris Vian parle? Quand Chloé sent la plante parasite qui pousse dans ses poumons et l'étouffe peu à peu...
Avoir un étau autour du coeur qui littéralement empèche de respirer (car oui, je respire avec le coeur...)

Bon, en attendant qu'un ange passe, je regarde passer les cafards...

2 commentaires:

  1. C'est très beau, ça : "Est-ce que ce ne serait pas ça le nénuphar dont Boris Vian parle? Quand Chloé sent la plante parasite qui pousse dans ses poumons et l'étouffe peu à peu...
    Avoir un étau autour du coeur qui littéralement empèche de respirer (car oui, je respire avec le coeur...)"

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