St Amans c'est un peu comme l'histoire des habitants du lac Pipple-Popple.
A l'origine il y avait 7 familles qui vivaient dans ce village accroché sur les flans de la colline à la frontière entre le Tarn et l'Aveyron. C'était un lieu de passage pour les commerçants et les voyageurs. Il était si agréable que les paysans y prolongeaient régulièrement leur séjour. Etait-ce parceque les filles y étaient jolies, que le vin y était bon où juste pour la douceur de vivre, ça, on ne me l'a pas raconté.
Toujours est-il qu'avec les années, le village s'est éteint avec le départ progressif de ses habitants pour la Ville (voir la "ville" en question vous ferait bien rire!).
St Amans est resté abandonné jusqu'à l'arrivée d'Aadje il y a déjà quelques années. Pour presque rien il a racheté le village et ses 25 hectars.
Aujourd'hui la maison principale a été restaurée ainsi que quelques habitations plus petites, mais dans l'ensemble le village n'existe plus.
Dans la partie surplombant la maison, la végétation a envahi les constructions. Les arbres sortant des plafonds effondrés remplacent les toitures. Les lierres et les mousses ont enfoncé leurs racines à travers les pierres et sont devenus parties intégrantes des murs. La forêt à fait disparaître les chemins, laissant ainsi la joie aux promeneurs aventureux de découvrir les vestiges de fours à pain et les fondations de maison égarées dans la forêt. Selon les saisons il suffit de se baisser pour trouver des oeufs de poules sauvages, ramasser des noix, cueillir des champignons ou rispounchous.
Plus bas des arbres fruitiers se sont développés tranquillement depuis des années et le Tarn qui coule en a apporté suffisement de sédiments pour que la terre du potager soit idéale à travailler.
La nuit pas une seule lumière à l'horizon et la quantité d'étoiles visible donnerait presque le vertige...
Pour trouver ce petit paradis il n'y a qu'un seul accès : la voie de service sur un barrage hydroélectrique. Et il faut encore conduire à travers les arbres sur un chemin passablement défoncé pour accéder à St Amans.
Mais ensuite il est possible de s'y perdre pendant des heures sans quitter la propriété.
(Il existe aussi un cimetière d'arbre et une cascade à proximité mais ce sera pour une prochaine fois...)
L'entretien de tout cet espace, des bâtisses, des chemins, des arbres, du jardin et des animaux est un travail titanesque. Bien souvent des personnes extérieures viennent donner la main à Aadje et Sabje pour gérer tout ça.
C'est le cas de Michou. Cet homme de 65 ans est une preuve vivante des ravages de la consanguinité dans les régions rurales. Electricien à la retraite, Michou a une tête ronde, chauve, avec quelques cheuveux blancs abandonnés à l'arrière de son crâne : les autres ayant trouvé refuge sur ses épaules et à l'intérieur de ses oreilles. Il est court sur pattes, aime emballer son gros ventre en forme d'oeuf dans un maillot de corps qui semble d'origine et porte invariablement un vieux short beigeasse. Ses bras épais comme des cuisses de rugbymens se terminent par des mains à l'allure de pelles... Un physique qui laisse songeur à défaut de laisser rêveur...
Heureusement pour lui, Michou est un homme sympathique, sérviable, toujours souriant, dont les yeux et de nez sérrés au milieu de son visage ridé finissent malgrè tout de le faire ressembler à un troll...
Avec Sabje on remontait du jardin lorqu'on a trouvé Michou assis sur le sol du garage. Un large sourire était plaqué sur sa tête réduite. On aurait bien pu le trouver rôti en bas de son échelle...
Alors qu'il terminait d'installer des lampes, un arc électrique à jailli (d'ou, j'en sais rien) et fait contact avec l'escabeau. Michou s'est retrouvé les deux mains scotchées aux barreaux "avé dé 'tite z'étoiles bleues d'vant lé z'yeux" comme il nous a dit. Toute personne normalement constitué aurait perdu conscience en se retrouvant collée à du 220V, mais lui non, il a juste déplacé l'échelle et brisé l'arc...
Un peu secoué le bonhomme a demandé à Sabje si elle n'avait pas un " 'tit canon à bouère pou's'r'mettre en jambe".
Faut pas se laisser abattre par un p'tit coup de jus, vindjou!
bretagne
Il y a 7 ans

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