Je ne mentirais pas.
Les quelques jours qui viennent sont des messages post-datés.
J'avais oublié la tranquillité liée à la campagne. Celle qui sous-entend pas de réseau pour les téléphones portables et une vitesse de connexion à internet plutôt lente. Voire momifiante.
Au bout d'une heure, on peut espérer avoir réussi à lire ses mails. C'est à se demander pourquoi ils ont laissé tombé les tamtams et les signaux de fumée dans la région... A la base l'idée de venir dans l'Aveyron était de me mettre au vert, pas de me dessécher devant un ordinateur. J'ai donc lâché prise, cessé de pester contre les fenêtres qui ne s'ouvraient pas et j'ai accompagné Sabje dans la visite de son domaine.
Noisetiers-Noyers-Actineidias (et non pas Kiwitiers)-Pommiers, Sariette-Basilic-Aneth-Ciboulette, Artichauds-Patates-Salades-Oignons... Tout se passait agréablement, jusqu'à ce qu'on arrive au bout du champ. Sabje venait de finir de passer le motoculteur, le soleil séchait la terre, c'était le bon moment pour planter...
Sans comprendre comment, je me suis retrouvée en short, péguante de crème solaire (la blancheur de mes suisses à cette heure là était encore digne des plus grandes Reines de France), des bottes grises à poids roses au pieds, un chapeau de paille sur la tête, des grants patinés de terre dans la poche et un sarclet à la main. J'étais prête à faire rougir les poireaux.
Au programme plantation de pieds de tomates, de poivrons et d'aubergines. Manquait plus que les courgettes et on avait de la Ratatouille! Et je me suis retrouvée en plein cagnard à manier la fourche dans une terre encore collante.
Un trou, du fumier, des orties, une tige d'acier, un plant dégodifié, hop tu rebouches le tout un un p'tit coup de rateau autour (pour faire joli?)...
A ce rythme là, les bottes en caoutchou se sont rapidement mises à me coller aux molets, mes cuisses sont devenues carrément rouges, j'avais de la terre plein les ongles et une odeur de sueur mêlée à celle du fumier. Glamour.
Pendant que je traçais de belle lignes parallèles pour installer les légumes, Sabje s'était lancée dans une version aromatique de mandalas. Du Land Art maraîcher pour réjouir l'oeil des buses grâce à une spirale de tounesols, de maïs et de bleuets...
J'avais bien pensé la planter elle aussi dans son potager et rentrer chez moi, mais finalement j'ai juste oté mon uniforme, pris mes sandales et mon bouquin pour aller finir l'après-midi au bord du Tarn. Le ciel s'était légèrement voilé mais j'avais trop envie de me prélasse les pieds dans l'eau après avoir retourné la terre.
Ici pas de Sandflies. Juste de petits moucherons noirs qui apparement adorent le gout de ma crème solaire, à moins que ce ne soit l'odeur de purin qui me collait à la peau...
A peine installée il s'est évidement mis à pleuvoir. Le temps de rentrer à la maison, j'étais trempée et l'averse était passée...
Sabje m'attendait avec une tasse de thé et du chocolat. Comment râler avec ça?
bretagne
Il y a 7 ans

Vie à la campagne version vignes, où l'on commence par un petit coup de brou de noix pour rudoyer les neurones encore en état végétatif, non pas pour moi merci, non vraiment, bon juste un doigt, avant ou après le verre, hahaha, l'humour picard à la fraîche... Puis, l'on s'ébranle à 9 dans la camionnette emplie de rires et chansons à tue-tête grâce à Champagne FM, la radio qui pétille (tiens je devrais peut-être leur proposer l'accroche...) bref, on arrive sur le site et là, des vignes à perte de vue, JF, le chef d'équipe me glisse sur un ton qui me semble égrillard "tu me montreras ta route quand t'auras fini ", l'angoisse! Je suppute un viol programmé ou je ne sais quoi dans les sentiers battus, il s'agit simplement du jargon des vignes, une route étant un rang de pieds, aaah, je me détends mais pas longtemps, car c'est courbée que je relèverai des fils de pied toute la journée, et mon dos m'en veut encore! Je m'extasie d'un nid trouvé entre les sarments, me réjouit d'une pièce en alu de 1963 année de naissance de Pascal, que la Terre a fini par rendre à l'économie picarde, déplace des tonnes de boue collante à mes basques qui finissent par ressembler à des Stiletto version champêtre, c'est fashion! fais de l'escalade sur les versants abrupts en pensant à bien faire travailler mes abdos et rentrer le ventre, on reste femme merde!
RépondreSupprimeret finis la journée en me promettant de savourer une prochaine coupe de champagne en l'honneur de mon dos!
Je pense de plus en plus à venir maltraiter mon dos avec toi! Envie de verdure!
RépondreSupprimerCe serait sympa de recoller nos vertèbres ensemble après une dure journée d'exploitation... On s'en reparle!
En tout cas je comprend mieux l'état des chicos des locos, a boire du brou de noix dès le petit déj', difficile de garder un sourire émail diamant!