Ce qui est formidable avec l'Art c'est qu'on peut en faire avec tout. Par exemple qui aurait pensé assister un jour à la danse du coussin? Humm?
J'avais rejoint un pote pour l'apéro et tandis que nous sirotions tranquillement une petite bière dans une courette ombragée, il me propose de l'accompagner à la présentation d'une fin de stage dans le théâtre où il bosse. C'est une chorégraphe géniale et ça durera juste une petite heure m'assure-t'il... Toujours partante, je dis oui. Erreur.
Arrivés au théâtre pas grand monde, seulement des gens conquis d'avance vu qu'ils ont été invités, qu'ils font partie de la famille, des amis...
Une nana stressée nous presse pour qu'on rentre dans la salle. Ca aurait déjà du commencer depuis au moins 2 minutes! C'est la chorégraphe. D'emblée ça me parait bizarre : une danseuse qui semble physiquement mal à l'aise présage rarement de bonne choses.
Elle nous annonce le programme. Et blablabla blabla bla ce que je veux faire et nianiania... Déjà ça me gonfle d'être là. Active! On verra bien si ton propos est clair dans le mouvement! Go!
J'aime pas quand on me demande de retirer mes pompes, de les laisser dans le noir et de m'installer sur le plateau. Pas que j'angoisse à l'idée de ne pas avoir mes petites affaires cadenassées à mes pieds, non, juste que d'une part je déteste être dans la lumière des projecteurs (je ne suis pas une luciole!) et d'autre part je déteste ce genre de prise d'otage. C'est tellement bon l'anonymat du spectateur, se fondre dans un fauteuil, s'ennuyer tranquillou, être captivée par les mouvements sur le plateau, se concentrer ou rêver à autre chose selon l'humeur... Mais où est le respect du spectateur!
Mais bon, je suis invitée, je n'ai pas le choix... Inspiration, apnée, installation parmi les amis souriants trop content de partager le même espace que tes artistes... Ce qui me fout en boule c'est qu'il n'y a plus aucune sortie de secours, combien de temps ça dure ce truc déjà? Si je m'endors ça va se voir, si je regarde l'heure aussi... et l'autre là qui prépare sa caméra...
Nous voilà tous assis par terre à l'extérieur d'un cercle matérialisé par des dizaines de coussins blancs de toutes tailles. Déjà une demi heure qu'on est là... Encore un peu de blabla et ça commence enfin. L'intensité des projos ne change pas d'un poil, on restera illuminés tout le long.
Il s'agit d'une recherche en quatre temps sur "comment agir pour le bien du corps de l'autre". Mais d'où il sort ce thème? D'une brochure pour un centre SPA? D'un prospectus distribué à la sortie du métro pour une consultation avec le professeur Gnou (bien-être, divination et cuisine)?
La recherche du bien-être j'ai rien contre mais on pourrait pas avoir un coussin pour s'assoire?
La proximité avec les comédiens ou les danseurs et ben, je trouve pas ça cool moi. Je trouve que c'est un effet à la con, de la fausse modestie : z'avez vu comme on est accessible nous, pas de clivage scène-salle, vous n'êtes pas des spectateurs lambdas, on vous prend en compte, nous , mais restez-bien-derrière-la-barrière-de-coussins-pour-zieuter-comme-on-est-beaux-merci. Berk...
Synopsis:
Acte1 : Couverture déployée et danseurs. A s'allonge. B prend des petits coussins et les place sur et sous le corps de A. ex: 3 sous le pied droit, 2 sur le ventre, 1 sur le poignet gauche, 1 sous les côtes et 2 sous le coude droit. Pas l'air bien confortable l'assymétrie. Le publique pas-lambda a compris le système. On demande des cobayes volontaires.
C'est fou le nombre de boutons mal cousus, de trous dans les chaussettes et de tâches sur son pantalon qui peuvent devenir captivants dans ces moments la...
Malaise tactile chez les danseurs face au troupeau d'anges qui passe.
Quitte à être coincée là autant s'amuser un peu, je me décide à partir à l' abattoir.
Ce sera ma seule BA du jour je vous préviens! Je me lève, redresse la tête, tombe face au visage de la danseuse C, son sourire reconnaissant me donne envie de fuir dans l'instant.
Je traverse le cercle interdit. Je m'attendais à ressentir un effet magique, des picotements dans les chevilles ou voir des étincelles dorées... mais non, rien.
Me voilà allongée sur une des couvertures. Pour le moment le sens m'échappe, mais peut-être que vivre l'expérience va m'éclairer sur la démarche... Je regarde le grill, je joue le jeu.
Et vas-y que C soulève ma jambe, mon coude, ma tête, cale un coussin par là, entoure mon bras avec un autre, m'en jette un plein de graines sur le ventre...
C me demande si elle peut faire quelque chose pour améliorer mon confort. J'analyse la situation, j'ai un coussin sous le genou gauche et un sur la cheville droite, le coude droit relevé, des poids sur la vessie... Moui, j'étais pas mal avant tout ce tralala...
Tu es bien gentille C, c'est pas ta faute je sais, c'était pas ton idée, mais là franchement je crois que t'en a fait assez, merci, je peux partir maintentant?
J'attend encore un peu avant de me relever, je vois les autres danseurs qui continuent à empiler des coussins sur leurs proies. Elles semblent pourtant déjà mortes.
Aurais-je eu de la chance? Serais-je tombée sur la seule danseuse rebutée à l'idée d'étouffer ses victimes? De peur qu'elle ne revienne sur sa décision et ne raplique pour m'achever, je me débarrasse lentement des coussins et vais me réfugier en courant-marchant hors du cercle. Parfois les murailles servent à protéger l'extérieur de l'intérieur... Une fois sortie du champ éléctromagnétique je reprend ma posture d'observateur septique.
Les autres cobayes ressemblent à des baleines échouées sur la plage, celles qu'on tente de sauver avec des linges humides en attendant la marée. L'agonie traine. La chorégraphe s'en rend compte. Il ne reste plus qu'une seule baleine, les autres ont repris le large. Les danseurs rangent leurs petits coussins blancs en belles piles. Dématérialisation du cercle et évacuation du cétacé.
Acte 2: "On dirait que tu ferais semblant de dormir, que tu rêverais et que je veillerais sur toi. Tu tournerais dans ton sommeil et je placerais des coussins sous ton corps et tu serais bien..." M'est avis qu'avec un bon lexomil et ce serait réglé...Mais bon.
E a failli donner un coup de pied à B, mais D était là et a intercépté le pied de E avec un coussin. Bien joué D! (C'était un peu comme du catch, mais sans le ring, sans les costumes, sans le rythme et sans le commentateur...)
Acte 3 : West Side Story, mais sans les ritals, sans la musique, sans la story et sans intérêt.
Acte 4 : "On dirait que les danseurs ABCD feraient voler E comme un avion et viendraient le faire atterrir sur le corps de F."
E-hop! E-vroum! E-splach-sur-F! F-rouleboule! et on recommence!
Mortel.
Tadam! C'est la fin, le signal de la délivrance est donné par la chorégraphe. Je commence à me relever, ou est la sortie? Mais je retombe, c'est le moment de discuter de ce qui vient de se passer... Argghh...
Chacun à son tour les sourires conquis s'écoutent donner leur avis.
- Bim! Ecoute un peu la belle phrase alambiquée que je vais te pondre!
- Vlam! Y'a pas de sens mais c'est pas mal tourné!
- Poum! Opinion perso de Etbenmoije qui déboule des gradins!
- Blop! Si je prend la pause ce que je vais dire sera encore meilleur!
- Zip! J'aime beaucoup ce que vous faites...
Bizarre, personne ne m'a demandé mon opinion. D'ailleurs c'était peut-être mieux que je me le garde. Je serais passée pour une vieille réac stérile de la comprennette. En plus à ce moment là j'étais juste concentrée à régler ma respiration sur "calme", histoire de ne pas me barrer en courant, par respect pour mon pote qui bosse là... Possible qu'ils s'en soient rendus compte...
Pour le reste, je crois vraiment que vautrés sur le sol à se tripoter les orteils, ce type de discution à moins de charme qu'en costard une coupe de champagne à la main...
En tout cas je retiens mon pote avec son "juste une petite heure", et comme dirait le maitre d'hôtel de Palace-Palace : "un jour je l'aurais, je l'aurais!"
J'avais rejoint un pote pour l'apéro et tandis que nous sirotions tranquillement une petite bière dans une courette ombragée, il me propose de l'accompagner à la présentation d'une fin de stage dans le théâtre où il bosse. C'est une chorégraphe géniale et ça durera juste une petite heure m'assure-t'il... Toujours partante, je dis oui. Erreur.
Arrivés au théâtre pas grand monde, seulement des gens conquis d'avance vu qu'ils ont été invités, qu'ils font partie de la famille, des amis...
Une nana stressée nous presse pour qu'on rentre dans la salle. Ca aurait déjà du commencer depuis au moins 2 minutes! C'est la chorégraphe. D'emblée ça me parait bizarre : une danseuse qui semble physiquement mal à l'aise présage rarement de bonne choses.
Elle nous annonce le programme. Et blablabla blabla bla ce que je veux faire et nianiania... Déjà ça me gonfle d'être là. Active! On verra bien si ton propos est clair dans le mouvement! Go!
J'aime pas quand on me demande de retirer mes pompes, de les laisser dans le noir et de m'installer sur le plateau. Pas que j'angoisse à l'idée de ne pas avoir mes petites affaires cadenassées à mes pieds, non, juste que d'une part je déteste être dans la lumière des projecteurs (je ne suis pas une luciole!) et d'autre part je déteste ce genre de prise d'otage. C'est tellement bon l'anonymat du spectateur, se fondre dans un fauteuil, s'ennuyer tranquillou, être captivée par les mouvements sur le plateau, se concentrer ou rêver à autre chose selon l'humeur... Mais où est le respect du spectateur!
Mais bon, je suis invitée, je n'ai pas le choix... Inspiration, apnée, installation parmi les amis souriants trop content de partager le même espace que tes artistes... Ce qui me fout en boule c'est qu'il n'y a plus aucune sortie de secours, combien de temps ça dure ce truc déjà? Si je m'endors ça va se voir, si je regarde l'heure aussi... et l'autre là qui prépare sa caméra...
Nous voilà tous assis par terre à l'extérieur d'un cercle matérialisé par des dizaines de coussins blancs de toutes tailles. Déjà une demi heure qu'on est là... Encore un peu de blabla et ça commence enfin. L'intensité des projos ne change pas d'un poil, on restera illuminés tout le long.
Il s'agit d'une recherche en quatre temps sur "comment agir pour le bien du corps de l'autre". Mais d'où il sort ce thème? D'une brochure pour un centre SPA? D'un prospectus distribué à la sortie du métro pour une consultation avec le professeur Gnou (bien-être, divination et cuisine)?
La recherche du bien-être j'ai rien contre mais on pourrait pas avoir un coussin pour s'assoire?
La proximité avec les comédiens ou les danseurs et ben, je trouve pas ça cool moi. Je trouve que c'est un effet à la con, de la fausse modestie : z'avez vu comme on est accessible nous, pas de clivage scène-salle, vous n'êtes pas des spectateurs lambdas, on vous prend en compte, nous , mais restez-bien-derrière-la-barrière-de-coussins-pour-zieuter-comme-on-est-beaux-merci. Berk...
Synopsis:
Acte1 : Couverture déployée et danseurs. A s'allonge. B prend des petits coussins et les place sur et sous le corps de A. ex: 3 sous le pied droit, 2 sur le ventre, 1 sur le poignet gauche, 1 sous les côtes et 2 sous le coude droit. Pas l'air bien confortable l'assymétrie. Le publique pas-lambda a compris le système. On demande des cobayes volontaires.
C'est fou le nombre de boutons mal cousus, de trous dans les chaussettes et de tâches sur son pantalon qui peuvent devenir captivants dans ces moments la...
Malaise tactile chez les danseurs face au troupeau d'anges qui passe.
Quitte à être coincée là autant s'amuser un peu, je me décide à partir à l' abattoir.
Ce sera ma seule BA du jour je vous préviens! Je me lève, redresse la tête, tombe face au visage de la danseuse C, son sourire reconnaissant me donne envie de fuir dans l'instant.
Je traverse le cercle interdit. Je m'attendais à ressentir un effet magique, des picotements dans les chevilles ou voir des étincelles dorées... mais non, rien.
Me voilà allongée sur une des couvertures. Pour le moment le sens m'échappe, mais peut-être que vivre l'expérience va m'éclairer sur la démarche... Je regarde le grill, je joue le jeu.
Et vas-y que C soulève ma jambe, mon coude, ma tête, cale un coussin par là, entoure mon bras avec un autre, m'en jette un plein de graines sur le ventre...
C me demande si elle peut faire quelque chose pour améliorer mon confort. J'analyse la situation, j'ai un coussin sous le genou gauche et un sur la cheville droite, le coude droit relevé, des poids sur la vessie... Moui, j'étais pas mal avant tout ce tralala...
Tu es bien gentille C, c'est pas ta faute je sais, c'était pas ton idée, mais là franchement je crois que t'en a fait assez, merci, je peux partir maintentant?
J'attend encore un peu avant de me relever, je vois les autres danseurs qui continuent à empiler des coussins sur leurs proies. Elles semblent pourtant déjà mortes.
Aurais-je eu de la chance? Serais-je tombée sur la seule danseuse rebutée à l'idée d'étouffer ses victimes? De peur qu'elle ne revienne sur sa décision et ne raplique pour m'achever, je me débarrasse lentement des coussins et vais me réfugier en courant-marchant hors du cercle. Parfois les murailles servent à protéger l'extérieur de l'intérieur... Une fois sortie du champ éléctromagnétique je reprend ma posture d'observateur septique.
Les autres cobayes ressemblent à des baleines échouées sur la plage, celles qu'on tente de sauver avec des linges humides en attendant la marée. L'agonie traine. La chorégraphe s'en rend compte. Il ne reste plus qu'une seule baleine, les autres ont repris le large. Les danseurs rangent leurs petits coussins blancs en belles piles. Dématérialisation du cercle et évacuation du cétacé.
Acte 2: "On dirait que tu ferais semblant de dormir, que tu rêverais et que je veillerais sur toi. Tu tournerais dans ton sommeil et je placerais des coussins sous ton corps et tu serais bien..." M'est avis qu'avec un bon lexomil et ce serait réglé...Mais bon.
E a failli donner un coup de pied à B, mais D était là et a intercépté le pied de E avec un coussin. Bien joué D! (C'était un peu comme du catch, mais sans le ring, sans les costumes, sans le rythme et sans le commentateur...)
Acte 3 : West Side Story, mais sans les ritals, sans la musique, sans la story et sans intérêt.
Acte 4 : "On dirait que les danseurs ABCD feraient voler E comme un avion et viendraient le faire atterrir sur le corps de F."
E-hop! E-vroum! E-splach-sur-F! F-rouleboule! et on recommence!
Mortel.
Tadam! C'est la fin, le signal de la délivrance est donné par la chorégraphe. Je commence à me relever, ou est la sortie? Mais je retombe, c'est le moment de discuter de ce qui vient de se passer... Argghh...
Chacun à son tour les sourires conquis s'écoutent donner leur avis.
- Bim! Ecoute un peu la belle phrase alambiquée que je vais te pondre!
- Vlam! Y'a pas de sens mais c'est pas mal tourné!
- Poum! Opinion perso de Etbenmoije qui déboule des gradins!
- Blop! Si je prend la pause ce que je vais dire sera encore meilleur!
- Zip! J'aime beaucoup ce que vous faites...
Bizarre, personne ne m'a demandé mon opinion. D'ailleurs c'était peut-être mieux que je me le garde. Je serais passée pour une vieille réac stérile de la comprennette. En plus à ce moment là j'étais juste concentrée à régler ma respiration sur "calme", histoire de ne pas me barrer en courant, par respect pour mon pote qui bosse là... Possible qu'ils s'en soient rendus compte...
Pour le reste, je crois vraiment que vautrés sur le sol à se tripoter les orteils, ce type de discution à moins de charme qu'en costard une coupe de champagne à la main...
En tout cas je retiens mon pote avec son "juste une petite heure", et comme dirait le maitre d'hôtel de Palace-Palace : "un jour je l'aurais, je l'aurais!"

Quel manque d'ouverture!!!!!
RépondreSupprimerTu aurais pu ouvrir tes chacras et vivre un moment comme nul dans ta vie...
Ou peut-être tu n'aurais pas dû y aller, comme tous les autres "amis d'artistes"... la chorégraphe aurait peut-être compris qu'il ne suffit pas que de coussins pour mettre les gens à l'aise!! Comme quoi certains fantasmes ne sont pas bons à réaliser, ils ne sont jamais à la hauteur de nos espérences!!
Malgrè tout ça, vive le spectacle et l'art avec un grand A!
Ma*ion
C'est bien ce que je me disais... "Si j'avais su j'aurais pas v'nu!" mais on me dit jamais rien à l'avance... (heu non, là c'est Caliméro)
RépondreSupprimerCe qui est sur c'est qu'en partant j'avais les chacras tout tirbouchonnés. Mais bon, vu qu'il y a plein de gens qui ont A-DO-Ré, je n'ai pas donné le nom de la chorégraphe, histoire de lui laisser une chance auprès d'autres personnes et puis peut-être donner à certains la possibilité de se laisser surprendre!
Some of these newer super-bright LED light products
RépondreSupprimerwill light up on voltages ranging from 10 volts DC to
30 volts DC, while others will run on as little as 8 volts.
Consumers "going green" have already begun switching out their incandescent
bulbs for compact fluorescents, which are miniature full-sized fluorescents.
Hopefully, with this guide and examples on how to power 12 volt lights with solar panels at your home, you will
be well on your way to having great lighting while saving energy in a cost-efficient manner.
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